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Réseaux sociaux
Source : Etudes Françaises 2006/02 2013-01-12

1. Introduction

Les théories des réseaux sociaux ont été très tôt abordées par G Simmel ( 1859 – 1918) qui cherchait dans des éléments comme l’individu les fondements des phénomènes sociaux. Les relations réciproques et l’interaction en sont mises en cause. Ces phénomènes, une fois institutionnalisés, constituent des canons des rapports individuels. La mise en parallèle d’un groupe de deux individus et d’un groupe de trois démontre que le premier serait plus facilement détruit que le deuxième car le départ de l’un en signifie le scindement. Il impose que l’un se doit de supporter l’autre dans certains cas. Mais un groupe d’au moins trois individus s’avère relativement autonome car le départ d’un seul n’est pas en mesure d’en perturber le fonctionnement.

Mr Cooley1 a stratifié deux groupes sociaux : celui d’appartenance primaire et celui d’appartenance secondaire. Le premier se caractérise par une interface plus serrée reposant sur une coopération sentimentale. Le groupe est considéré comme une pépinière qui est mise en jeu dans la construction de la personnalité sociale d’un individu ainsi que son idéologie, ses relations amoureuses, etc. Il concerne plus le groupe de jeux d’enfants, de famille et de voisins etc. Tous les individus du groupe se sentent y appartenir en s’y identifiant. Le deuxième groupe présente un caractère inhumanisé, contractuel, formel et rationnel. Les rapports interpersonnels dans ce groupe sont relativement éloignés et moins sentimentaux. La communauté, l’association sportive en sont des exemples. L’état d’avancement d’une affaire ne repose pas sur une interaction sentimentale autre qu’une règle du jeu établie et reconnue par tous les individus du groupe.

La notion de capital social, amorcée par E. Durkheim dans ses travaux de recherches sur la vie sociale collective afin d’effacer les impacts négatifs apportés par le “dis-paradigm”, découle de l’idée selon laquelle la relation sociale est considérée de manière sous-jacente comme un “capital” contribuant à l’apport des biens pour les individus ou la société. P. Bourdieu l’a qualifié formellement, dans les années 60 du 20e siècle, d’ensemble de ressources réelles ou potentielles, acquises à travers la possession du réseau institutionnellement social. Ce type de réseau s’associant à un certain groupe, un individu qui s’y est identifié est devenu statutaire d’une certaine réputation d’un milieu donné et ainsi est tributaire de biens matériels ou symboliques.

Cependant, c’est jusque dans les années 90 que l’on attend le courant de réseaux sociaux en vogue en parallèle avec les approches analytiquement empiriques de sociologues faisant autorité. D’une part, les approches d’analyse mathématique respectivement proposées dans les années 60 par Harrison White, Boorman, Bierge et Linton Freeman ont effectué de manière efficace la mesure de la structure de réseaux. D’autre part, la «Chaîne d’Opportunité », proposée par White2 a eu pour but d’expliquer la promotion intérieure sur le marché du travail. Rogers3 , chercheur en communication, a entrepris son approche analytique sur les problèmes épidémiques ainsi que ceux de la circulation d’informations au travers de relations informelles. C’est par là que l’on connaît la “mise à jour” des approches et la nouvelle méthode d’analyses informelles s’intégrant dans le réseau social. Mark Granovetter, professeur en sociologie de l’Université Standford a proposé “La Force de Faible Noeud” 4 pour mettre en cause des phénomènes de recherche d’emploi et de changement d’emploi. C’est encore lui qui fait autorité par sa thèse de “L’Incrustation” 5. Dans cette approche, les variables médianes reposant sur la confiance et le coût de transaction ont été instrumentalisées en tant qu’une méthode d’analyse de l’origine de la structure organisationnelle. R. Burt a apporté sa contribution à travers son analyse de l’enjeu du pouvoir dans une organisation avec l’hypothèse faite des Trous Structuraux6. En parallèle avec l’approche de Granovetter, D. Krachbardt a établi un autre modèle d’analyse, appelé “ La Force de Fort noeud” 7, pour mettre en valeur la force informelle du réseau sentimental sur des comportements organisationnels comme la démission, l’esprit d’équipe, le degré de satisfaction dans le travail etc.. Les ressources qui étaient considérées comme variables médianes ont été prises en compte par Lin Nan8 pour réinterpréter la réussite de postulation d’un emploi au travers de réseaux sociaux.

2. Survol de quelques courants

2.1. Grande théorie et théorie de rangée médiane Pour M. LUO Jia De9, chercheur taiwanais, le paradigme des réseaux sociaux se traduit premièrement par la Grande Théorie, représentée par la thèse du “Choix rationnel” et la structure “sous-socialisée” faite par Granovetter (1985) ; deuxièmement par la théorie de rangée médiane (Merton), représentée par “La Force de Faible Noeud” de Granovetter, “Les Trous Structuraux” de Burt et “Le Capital social”de Lin Nan.

2.1.1. Grande Théorie

En Grande Théorie, les approches des économistes supposent que toute conduite du consommateur s’avérant statique, la préférence d’utilité réside en une durée longue et que le choix d’un consommateur est si rationnel que la fonction d’utilité individuelle est prise en compte pour maximiser toute conduite irrationnelle. D’où provient l’“Individualisme méthodologique”10, le choix pris dans un contexte isolé. Granovetter, mettant en cause le modèle rationnel et partant de la notion de sous-socialisation, se préoccupe de la motivation personnelle. Un individu est intégré dans une société, toute conduite ne se contraint pas seulement à un choix rationnel, l’enjeu social étant fonctionnel. La décision du choix ne se fige pas dans un modèle statique mais dépendra de multiples facteurs: contexte, besoin, informations etc. L’interaction du milieu socialisé impose que toute conduite se meuve en fonction des circonstances. La fonction d’utilité s’avère variable selon la réaction d’autrui. L’équilibre entre individus découle plus de facteurs sentimentaux que rationnels. En conséquence, l’activité économique doit être insérée dans un réseau social. Les informations ne s’avèrent pas toujours parfaites, la circulation est fonction d’enjeux de réseaux sociaux. L’utilité individuelle peut être flexible dans l’interaction.

La rationalité constituant la base de recherche des économistes s’oppose à la socialisation des sociologues qui prennent en considération la force et la norme des sociétés. Issu de l’école institutionnelle, M. LI Pei Ling11 fait remarquer que beaucoup d’institutions se construisant spontanément sont conçues et imaginées. Le réseau social est à l’origine d’une institution informelle. Mais au-delà, l’institution, reconnue par la force publique, devient formelle.

Est-il possible de construire un pont reliant le choix rationnel aux contraintes sociales ? Le réseau social est là pour mettre en jeu comme un médian. Car, le but du réseau social est d’une part d’étudier l’interaction entre individus, faisant cas de la mobilité individuelle et ne s’échappant pas des structures sociales. D’autre part, la structure sociale est vue comme architecte du réseau interpersonnel. En vertu de la thèse d’incrustation (Granovetter, 1985), l’ensemble de la structure sociale est toujours en mouvement à raison de l’interaction dans un réseau. La dynamique d’interférence du réseau interpersonnel s’accorde non seulement avec la conduite individuelle mais aussi avec la relation entre individus. Cette approche modératrice relie la position sous-socialisée à la rationalité.

2.1.2. Théorie de rangée médiane

A-partir du thème de changement d’emploi, le postulat du modèle de relation humaine est mis en cause à travers une approche organisationnelle qui met en avant la satisfaction dans le travail et le besoin de reconnaissance souvent irrationnel. Les travaux sociologiques dégagent deux étapes : la naissance d’une idée de démission et sa mise en pratique. Cette dernière est en rapport avec le fait que le capital personnel dans la recherche d’emploi dépendra du nombre d’offres et du type de postes offerts. Il est possible de les conquérir dans un réseau. De là provient la thèse de relation interpersonnelle.

Pour Lin Nan12 , la relation interpersonnelle constitue un facteur essentiel pour l’activité professionnelle. Un individu avec plus de relations solides aura plus de chance de trouver un emploi. Le réseau interpersonnel est considéré comme le capital social d’un individu13 . Parallèlement, la possession de relations interpersonnelles équivaut à l’acquisition de ressources. Le lien de jeune à plus agé, de catégorie socialement inférieure à supérieure consiste à faire intervenir dans le réseau un acteur, dit “ personnage” qui navigue entre des groupes sociaux.

D’après Granovetter, un individu disposant de plus de « Force de Faible Noeud » est en mesure de collecter plus d’informations qu’un individu possédant plus de « Force de Fort noeud », car ce dernier se boucle dans une “clique” dans laquelle la circulation d’information sest à portée limitée. D’ailleurs, le Pont d’intergroupes s’établit sur le faible noeud, car les individus du même groupe portent les mêmes intérêts et l’articulation entre individus du même groupe est plus facile dans leur réseau. Mais le lien entre deux groupes différents est plus difficile. Une voie de communication, appelée « Pont » par Granovetter, se construit à partir de connaissances et d’informations échangées par l’intermédiaire d’un individu de chaque groupe. 

S’opposant à cette thèse, Bian Yan Jie14, à-partir de ses travaux sur le terrain chinois, met en valeur la fonction “ La Force de Fort Noeud”15. En Chine, trouver un poste se fait souvent plus par le facteur de sentiments interpersonnels que d’informations acquises. Le “Faible Noeud” apporte à un individu la voie permettant d’accéder à un autre groupe. Mais le “Fort Noeud” provoque la confiance dans l’agir individuel, en raison de laquelle les individus désirent se soutenir les uns les autres. On prend la position de Blau16pour le justifier. Il a indiqué que l’échange dans la vie sociale était différent de celui dans la vie professionnelle. Sur le marché, un produit sera livré si l’achat est acquitté. Mais dans un réseau social, l’opération d’échange ne s’observe pas ainsi. Le don sera récompensé d’un contre-don sur une période longue au cours de laquelle il est possible que l’on presse l’orange et que l’on jette l’écorce. C’est à cause de cette “perte de confiance” que l’on ne peut communiquer qu’avec le sentiment. Un individu en état d’insécurité espère être protégé par sa capacité d’extension dans “le fort noeud”.

Pour Powell17, le mode de transaction doit être incrusté dans la structure sociale. Dans un réseau, les parties contractuelles sont interdépendantes et les ressources ainsi mobilisées sont partagées. Il ne s’agit pas d’un mode rationnel car la conduite professionnelle est de maximiser le profit. C’est à travers le vécu des contractants dans les transactions précédentes que la règle du jeu est établie si bien que la coopération se fait à long terme à partir de la confiance et de la prise de décision autonome. Pour Burt, ceux qui savent s’échanger des ressources en sont les plus grands bénéficiaires. On observe dans ses “Trous structuraux” qu’un individu se positionnant mieux au cours d’échanges en obtiendra plus, et c’est ce qu’on appelle ceux qui sont sur le “Pont” et ce qu’on nomme “l’Effet de Trous”.

Pour David Krackhardt (David Krackhardt, 1992, ibid.), le réseau amical découle du processus de la causerie quotidienne ou de l’amitié maintenue entre les salariés. Il s’agit au fond du sentiment et de l’amitié. Vis-à-vis d’un choix en crise, le lien interpersonnel sur la confiance amicale aidera le renforcement de la solidarité entre les individus du même groupe. à la différence du réseau amical, le réseau d’information repose sur la compétence professionnelle d’un individu qui constitue le coeur de dépendance de la plupart des autres salariés. Son rôle correspond à celui qui est très demandé en technique.

Les methodologies de A. Ferrand

Alexis Ferrand, professeur de sociologie en France, à partir des observations faites sur les systèmes relationnels, qualifie le réseau d’“objet empirique identifiable si on définit et observe un ensemble d’acteurs, un type particulier de relation et l’ensemble des relations de ce type, existantes et inexistantes, entre ces acteurs.”18

2.2.1. Enjeux du système relationnel dans un réseau

Selon lui, les réseaux peuvent être caractérisés par deux modèles : complet ou ouvert. Il s’agit dans le premier cas d’un petit groupe, membres d’associations, élus de collectivités, responsables d’associations locales, à condition que l’ensemble des acteurs soit socialement délimité et que tout acteur soit identifiable. Il s’agit dans le deuxième cas d’un débouclage. Les réseaux d’amitié, parenté et voisinage en font partie, l’ensemble d’acteurs ne se révélant pas délimité.

Pour mettre en oeuvre un modèle empirique et descriptif, on structure les propriétés synthétisées et dominantes telles que la densité, la connectivité, les segmentations en cliques, les distances et la centralité afin que l’organisation globale des relations soit décrite. La “Structure empirique d’un réseau” (A. Ferrand, ibid.) met au coeur un “système relationnel”. Une relation établie et maintenue dépend des relations existantes et de la manière dont celles-ci sont organisées. Le réseau relationnel est souvent considéré comme résultant du système relationnel du fait des interdépendances de toutes les variables relationnelles. “La structure théorique d’un système relationnel” découle des éléments d’interdépendances des relations. Le déploiement et la reproduction d’un système relationnel en constituent la structure qui est souvent qualifiée de combinaison de différents principes et de différentes règles assurant la production de ce système particulier qui équivaut à un type de lien. La structure s’avère plutôt générative, le tabou de l’inceste constituant une des règles de parenté sans qu’il soit l’unique critère qui puisse définir le système de parenté particulier. “La structure d’une organisation” repose sur l’hypothèse d’interdépendances des relations. Les principes de reproduction d’un système relationnel particulier y sont nés. Les types différents de relations se conditionnent les uns les autres dans différents systèmes relationnels au travers des interdépendances qui sont caractéristiques d’organisations particulières, de communautés, de milieux, et de “systèmes sociaux” particuliers. Il y a plusieurs systèmes relationnels dans une organisation ou un système social particulier pour un même ensemble d’acteurs.

2.2.2. Optiques analytiques

Il divise les modèles d’analyse en 4 types : un type d’analyse ayant pour but d’appréhender les conduites des acteurs dans l’enjeu des relations et les positions particulières occupées par les acteurs dans un réseau personnel. Le deuxième est constitué d’une optique explicative des effets collectifs à travers certaines caractéristiques du réseau intéressé, en conditionnant la diffusion d’informations, le contrôle social, la cohésion, la différenciation des pouvoirs et les conflits. Le troisième se révèle descriptif du réseau même, soit les raisons et les conditions d’être dans un espace évolutif. Le quatrième réinterprète les caractéristiques du réseau personnel de manière partielle dans un réseau global. Ce qui peut caractériser ce dernier, c’est le jeu culturel par rapport à la stratégie des acteurs et l’impact de contraintes structurales.

De façon sociométrique, les propriétés des réseaux sont traitées selon des paramètres comme la densité, les cliques – le sous-ensemble d’un réseau, la connexité, la centralité – les positions des acteurs, le pont et la triade etc. Ce qui est mis en avant, c’est le modèle constructif de triades. En principe, les relations interfèrent les unes avec les autres. D’où vient la triade, soit que les deux relations se rencontrent au moins au travers des enjeux de trois acteurs. La triade constitue une structure élémentaire. Chaque réseau peut être décomposé en multiples triades formées par un trio d’acteurs à chaque fois.

Les positions chinoises sur le réseau social

Pour M. Zhang19, le coût de transaction est un constituant fondamental du réseau social. à partir delà, il présente et analyse les particularités du réseau social en Chine.

2.3.1. L’approche théorique

Le réseau social consiste à fournir une voie de communication pour la mobilisation de ressources. La procuration d’une ressource peut se faire par de multiples voies, le marché en est un exemple, car le marché conceptuel se fait en fonction du mécanisme d’équilibre entre offre et demande. La transaction sur le marché dépendant d’une dépense qui sera déduite du coût, l’équilibre en transaction ne s’avère pas équitable pour les contractants bilatéraux. Pour que ce soit moins onéreux, on recourt au réseau social qui s’enclenche à un coût symbolique et qui roule sur la confiance et la coopération. La différence entre le marché et le réseau social s’illustre par le fait que les contractants bilatéraux sont indépendants sur le marché. Il s’agit d’une relation ponctuelle. L’offrant peut vendre son bien ou service à un acheteur aujourd’hui et à un autre demain, car son objectif est de maximiser le bénéfice. Mais le réseau social est un lieu de partage de tous les avantages entre les contractants, car l’échange repose non seulement sur la relation transactionnelle mais aussi sur la relation humaine. L’interaction fonctionne encore, une fois les transactions terminées.

D’ailleurs, le réseau social est aussi un instrument pour réprimander toute infraction de la règle du jeu en même temps qu’il rapporte aux partenaires coopératifs un gain rentable. Les obligations imposées par le réseau social entre les acteurs charpentent une relation d’anticipation. Les acteurs réagissent en fonction de leurs propres jugements sur une série de faits s’articulant. L’interconnection nécessite la même réaction de partenaires. Il se peut qu’une partie unilatérale empêche une autre qui réagit contre la première. L’enjeu du réseau est vu comme pilier de récompense et de punition à tout acte hors du jeu.

La diffusion d’informations se fait dans un circuit moins long dans le réseau social que sur le marché. C’est le bouche à oreille. C’est au travers de ce réseau qu’on se trouve sur le point de noeud entre offre et demande. L’acheteur et le revendeur peuvent s’y rencontrer de manière aisée sans beaucoup dépenser.

2.3.2. “Rides en cercle à la surface de l’eau”

M. Fei Xiao Tong, sociologue chinois, qualifie le réseau relationnel dans la société chinoise de réseau égocentrique, qui s’étend à raison du lien de parenté qui ressemble au jet d’une pierre dans l’eau de sorte que des rides en cercle à la surface se produisent et s’étendent de cercle en cercle. C’est ce que l’on appelle le lien interpersonnel. Comme le lien de parenté repose sur le lien sanguin ou sur le mariage, il s’agit plutôt d’une micro-cellule de la société. Les individus dans ce réseau maintiennent un lien de moins en moins proche avec les autres hors de leur famille. L’étendue des “rides” à la surface de l’eau forme une relation interpersonnelle de moins en moins “lache”, soit distancée. C’est dans cet enjeu de “rides” que s’est créée en Chine la structure sociale au coeur de laquelle le foyer constitue une cellule initiale. Le réseau social chinois est alors composé du lien individuel qui se traduit de moins en moins proche par le lien de parenté et par son extension dans un rapport interpersonnel.

Dans ce contexte spécifique, la notion de “relation” entre l’Occident et l’O rient s’explicite de manière différente. En Occident, la relation individuelle repose sur l’attribut personnel comme l’attitude, la valeur et le caractère personnel, portant plus sur un type d’interaction interpersonnelle. Or, la relation traditionnelle a pris forme en Chine dans un état “donné”. Les relations qui dépendent de ce caractère «donné» sont acquises dans une démarche d’échanges et de contacts20. Il en ressort que les relations sont établies sur l’origine, par l’ordre, sanguine, statutaire, géographique et professionnelle. Le statut relationnel et le type relationnel sont mis en jeu avec les normes de façon d’être et de faire dans les échanges et les contacts de la société chinoise. Dans le réseau occidental, tout individu dispose d’un droit et d’une obligation équilibrés, la relation interpersonnelle étant celle entre des individus indépendants. Dans le réseau chinois, tout individu est attribué à sa propre place en fonction de la relation proche ou lointaine. C’est ce que Fei Xiao Tong appelle «structure de l’ordre hiérarchisé »21 (差序格局).

 

Conclusion

A travers les courants évoqués ci-dessus, nous prenons conscience que les approches analytiques par rapport au fonctionnement du réseau social sont bien diversifiées, la littérature de ces trois écoles n’ayant pas pour objet d’instrumentaliser une optique concernant les travaux de recherches pour nous imerger dans une analyse complète. Mais ce que nous comptons faire, c’est de proposer une méthodologie pour nous-même dans notre éventuelle analyse de terrain.

 

 

1. Charles Horton Cooley, 1864-1924, Social Organisation, 1909.

2. H. White, 1970, Chains of Opportuinity : System Models of Mobility in Organization. Cambridge, Harvard University Press.

3. Rogers, Everett M. 1995. Diffusion of Innovation. 4th ed. New York, The Free Press.

4. M.S. Granovetter, 1973, The Strength of Weak Ties, American Journal of sociology 78 (6), pp.291-313.

5. M.S. Granovetter, 1985, Economic Action and Social Structure : the Problem of Embededness”. American Journal of sociology 91 (3), pp.481-510.

6. R.S. Burt, 1992, Structural Holes ; Social Structure of Competition. Cambridge, Harvard University Press.

7. Krachbardt, David & Jeffrey R. Hanson, 1993, Informal Networks : the Compagny behind the chart. Harvard Business Review, July-August, pp.104-111.

8. Lin Nan, 2001, Social Capital: a Theory of Social Structure and Action. New York, Cambridge University Press.

9. LUO Jia De, 2005, Social NetWork Analysis, Social Sciencces Academic Press (China).

10. Mark Blaug, 1980, The Methodology of Economics: or How Economists explain. Cambridge, Cambridge University Press.

11. Li Pei Ling, 1995, L’Evolution de la Structure Sociale de Chine: Analyses sociales sur la Réforme économique. Edition du Peuple de HE LONG JIANG.

12. Lin Nan, Walter M. Ensel, John C. Vaughn, 1981, Social Ressources and Strength of Ties : Structural Factors in Occupational Status Attrainment. American Sociological Review 46 (4), pp. 393 – 405.

13. Lin Nan, 1990, Social Ressources and Social Mobility. In Ronald Breiger ed., Social Mobility and Social Structure. New York, Cambridge University Press.

14. Bian Yan Jie and John Logan, 1996, Market Transition and Persistence of Power: The Changing Stratification System in China. American Sociological Review 61, pp. 739 – 758.

Bian Yan Jie, 1997, Bringing Strong Ties Back in: Indirect Ties, Network Bridges ans Job Searches in China. American Sociological Review 62, pp. 266 – 285.

15. David Krackhardt, 1992, Strength of Strong Ties: the Importance of Philos in Networks ans Organizations. In Nitin Nohria and Robert G. Eccles (Ed.), Network and Organizations. Cambridge, Havard Business School Press.

16. Blau, 1964, Exchange and Power in Social Life. New York, Wiley.

17. Powell Walter W, 1990, Neither Market nor Hierarchy: Network Forms of Organization. Reseach in organizational behavior12, pp.295 – 336.

18. Alexis Ferrand, 2005, De l’observation des réseaux sociaux à l’analyse des systèmes relationnels, le polycopié préparé au séminaire au Glysi-Safa Lyon 2, le 14 mars 2005.

19. Zhang Qi Zai, Nouvelle sociologie économique, 2e édit, 2002, Edition de Sciences sociales de Chine.

20. LUO Jia De, 2005, Social NetWork Analysis, Social Sciencces Academic Press (China), p. 51.

21. Fei Xiao Tong, Chine Rurale,Système de Reproduction, 1998, Press Universitaire de Pékin.








Edité par Yao Xiaodan

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