NETWORK DES SCIENCES SOCIALES DE CHINE
SCIENCES SOCIALES
ACCUEIL>NOUVELLES>SCIENCES SOCIALES
Des chercheurs chinois et kirghizes échangent sur les voies du développement commun et de la modernisation
Source : Chinese Social Sciences Today 2026-02-27

Un dialogue réunissant des think tanks sino-kirghiz, placé sous le thème « le développement commun et la modernisation », s'est tenu à Bichkek, capitale du Kirghizistan. Photo : Zhu Gaolei/CSST

Le 28 janvier, un dialogue de think tanks sino-kirghiz sur le thème « le développement commun et la modernisation » s'est tenu à Bichkek, capitale du Kirghizistan. Parmi les participants figuraient notamment Gao Xiang, président de l'Académie des Sciences sociales de Chine (ASSC) ; Arslan Koichiev, secrétaire d'État du Kirghizistan ; Karim Khanjeza, vice-président du Parlement du Kirghizistan ; Liu Jiangping, ambassadrice de Chine au Kirghizistan ; Gulzat Isamatova, ministre des Sciences, de l'Enseignement supérieur et de l'Innovation du Kirghizistan ; et Dogdurbek Chontoev, recteur de l'Université nationale du Kirghizistan (UNK).

Lors de son discours inaugural, Sun Zhuangzhi, directeur de l'Institut de recherche sur la Russie, l'Europe de l'Est et l'Asie centrale à l'ASSC, a indiqué que la Chine entend aligner son 15e Plan quinquennal (2026-2030) sur les stratégies de développement à moyen et long terme des pays d'Asie centrale, afin de créer et de partager de nouvelles opportunités de développement.

Par le biais d'actions concrètes, a déclaré M. Sun, la Chine mettra en pratique « l'esprit Chine-Asie centrale », en vue d'améliorer le bien-être des populations de la région grâce à davantage de résultats tangibles issus d'une coopération pragmatique, et d'œuvrer ensemble à la construction d'une communauté d'avenir partagé. Dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », une vaste coopération de convergence a permis aux deux parties de s'inscrire dans une nouvelle trajectoire de bon voisinage, d'amitié et de coopération gagnant-gagnant, constituant ainsi un modèle pour l'établissement d'un nouveau type de relations internationales.

Timur Abelayev, directeur adjoint de l'Institut national pour les initiatives stratégiques relevant de la présidence kirghize, a observé que les liens entre le Kirghizistan et la Chine ne sauraient se limiter aux seules relations économiques et commerciales, mais reposent également sur l'exploration constante des voies de gouvernance nationale, de réforme et de modernisation. Pour le Kirghizistan, les dimensions pratiques qu'offre la modernisation chinoise suscitent un vif intérêt. « Nous portons un intérêt tout particulier à l'expérience chinoise en matière de réduction de la pauvreté et d'optimisation de l'efficacité des institutions locales. Nous considérons l'expérience chinoise comme une source d'enseignements précieux et à même d'apporter des solutions adaptées aux réalités de notre pays », a déclaré M. Abelayev.

L'établissement d'un consensus stratégique

« Si l'on se replace le long du processus de modernisation, nous sommes tous des participants tardifs, mais la modernisation ne relève en aucun cas d'un privilège réservé à une poignée de pays. La modernisation constitue un droit commun aux peuples de tous les pays, y compris la Chine et le Kirghizistan », a déclaré Lin Jianhua, secrétaire du Comité du Parti à l'Institut de recherche sur la modernisation chinoise relevant de l'ASSC. Dans une perspective globale de modernisation, il a souligné la portée stratégique du développement conjoint entre la Chine et le Kirghizistan.

« L'histoire des accomplissements réalisés par la Chine en matière de développement démontrent que l'établissement d'un consensus stratégique et la mobilisation des forces inhérentes au développement constituent les deux piliers de la mise en œuvre réussie de toute stratégie », a fait remarquer Sheradil Baktygoulov, directeur de l'Institut de la Politique mondiale du Kirghizistan et directeur du Département de recherche à l'Institut kirghizo-chinois relevant de l'UNK. S'adressant aux experts et universitaires des deux pays, M. Baktygoulov estime que « nous devons assumer une mission majeure : explorer une voie qui soit acceptée par les deux parties pour mobiliser nos peuples en vue d'œuvrer ensemble à la réalisation des objectifs ambitieux du développement durable et de relever les défis mondiaux et régionaux auxquels nous devons faire face ».

Zhang Ning, directeur au Département de recherche sur l'Asie centrale et le Caucase à l'Institut de recherche sur la Russie, l'Europe de l'Est et l'Asie centrale à l'ASSC, a déclaré que le consensus stratégique constitue la clé et le fondement garantissant la stabilité et la pérennité des relations bilatérales. Il a en outre procédé à une analyse systématique du cadre central du consensus stratégique entre la Chine et le Kirghizistan, mettant en lumière la solidité des bases et les axes de coopération clairement définis. Le volume des échanges bilatéraux, qui a atteint 22,7 milliards de dollars américains en 2024, a-t-il ajouté, constituait une preuve tangible de l'efficacité de ce partenariat.

L'approfondissement de l'innovation collaborative

« La coopération sino-kirghize en matière d'innovation collaborative et d'interconnexion sert non seulement de moteur au développement de haute qualité des relations bilatérales, mais apporte également un soutien essentiel au processus d'intégration régionale », a déclaré Xu Xiujun, directeur adjoint à l'Institut de recherche sur la modernisation chinoise de l'ASSC. Il a souligné que les relations bilatérales n'ont cessé de s'approfondir dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », avec des résultats substantiels en matière d'innovation collaborative et d'interconnexion. Ces réalisations se reflètent concrètement dans le resserrement de l'alignement stratégique, des avancées notables dans l'interconnexion des infrastructures, l'expansion constante de la coopération économique, commerciale et en matière de capacités de production, ainsi que le renforcement régulier des échanges culturels, scientifiques et technologiques.

Kanatbek Aziz, académicien correspondant de l'Académie nationale des Sciences de la République kirghize, a souligné l'importance de la coopération au niveau régional dans un contexte où la coopération mondiale est confrontée à des défis croissants, l'ancien ordre international s'étant effondré et un nouvel ordre n'ayant pas encore pleinement pris forme. Depuis l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Kirghizistan, les relations bilatérales ont maintenu une dynamique de développement stable. Dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route », la coopération pragmatique dans des domaines tels que les exportations de produits agricoles verts, la logistique et les infrastructures a enregistré des résultats remarquables, bien que le potentiel de coopération n'ait pas encore été pleinement exploité.

Les échanges entre civilisations comme pont

La traduction constitue un pont essentiel au service du développement des relations sino-kirghizes, apportant un soutien clé à l'approfondissement des liens économiques, culturels et politiques entre les deux pays. Des projets majeurs tels que le chemin de fer Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan génèrent une demande pressante en matière de traduction de documents, de contrats et de dossiers techniques, tandis que la traduction réciproque d'œuvres littéraires a également conduit à des résultats fructueux. Les deux pays ont ainsi prévu la traduction réciproque de 150 ouvrages, tout en appelant à des efforts accrus pour relever des défis tels que la pénurie de traducteurs bilingues qualifiés et les divergences en matière de normes linguistiques et culturelles.

Adili Jumatuerdi, chercheur à l'Institut de recherche sur la littérature ethnique de l'ASSC, a centré son intervention sur le programme de traduction réciproque des œuvres classiques. Il a noté qu'un mémorandum signé en 2022 engage les deux pays à traduire et publier au moins 50 œuvres classiques dans un délai de cinq ans. « Cela contribuera à renforcer la compréhension et l'appréciation mutuelles des cultures d'excellence de nos deux peuples, et à promouvoir les échanges et l'enrichissement réciproque entre les civilisations », a-t-il déclaré. De plus, il s'est dit convaincu que, « dans l'apprentissage mutuel entre les civilisations, la littérature est appelée à jouer un rôle irremplaçable ».

Edité par:Zhao Xin
  • Copyright © CSSN All Rights Reserved
  • Copyright © 2023 CSSN All Rights Reserved