La rencontre a souligné l'immense potentiel de développement de la coopération pragmatique, selon des analystes
Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et le ministre français des Finances, Roland Lescure, ont tenu lundi à Paris des discussions approfondies sur les récents développements de la coopération économique et financière sino-française et d'autres sujets d'intérêt commun, a rapporté mardi l'agence de presse Xinhua.
« Face à un contexte d'incertitudes mondiales croissantes, cette rencontre a mis en lumière l'immense potentiel de développement et de renforcement de la coopération bilatérale pragmatique, ainsi que de la coopération entre la Chine et l'Europe dans son ensemble », ont affirmé des observateurs. Ces derniers ont souligné qu'alors que la Chine et la France partagent le même consensus sur le maintien du multilatéralisme dans le commerce et l'ordre économique mondial, une telle coopération est non seulement bénéfique aux deux parties, mais permettra également d'insuffler une stabilité indispensable aux chaînes industrielles mondiales.
M. He, qui dirige la délégation chinoise au Dialogue économique et financier de haut niveau Chine-France, a déclaré que la Chine était prête à œuvrer avec la France à la mise en œuvre du consensus important auquel sont parvenus les dirigeants des deux pays. Selon l'agence Xinhua, le vice-Premier ministre chinois a appelé à un approfondissement des échanges et de la coopération dans les domaines économique et financier, ainsi qu'à la promotion d'un développement stable et durable des relations économiques bilatérales.
M. He a également informé la partie française des discussions économiques et commerciales sino-américaines qui s'étaient tenues plus tôt dans la journée.
M. Lescure, chef de file français au sein de ce dialogue, a déclaré que la France attachait une grande importance à la coopération avec la Chine et était disposée à œuvrer avec la partie chinoise pour faire progresser la coopération pragmatique dans les domaines économique et financier ainsi que pour réaliser des progrès significatifs, a rapporté Xinhua.
Cette rencontre est le dernier dialogue de haut niveau en date entre la Chine et la France mené dans le cadre de la diplomatie des chefs d'État, après la visite d'État du président français Emmanuel Macron en Chine en décembre. Lors de cette visite, les dirigeants chinois et français avaient conjointement assisté à la signature de plusieurs accords de coopération portant sur l'énergie nucléaire, l'agriculture, l'alimentation, l'éducation et l'environnement, à l'issue de leurs entretiens à Beijing.
« Ces discussions montrent que les deux parties attachent une grande importance aux relations bilatérales ainsi qu'aux relations sino-européennes, et qu'elles souhaitent élargir les domaines de coopération pragmatique, construire des chaînes d'approvisionnement plus stables pour les entreprises des deux pays, et apporter un soutien efficace afin de contrer conjointement les effets du protectionnisme commercial », a déclaré mardi Zhou Mi, chercheur principal à l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique.
Selon M. Zhou, « cette coopération témoigne également de la position constante de la Chine dans ses échanges avec les autres pays, qui est une position fondée sur le respect des partenaires et un dialogue tenant compte des besoins respectifs de chaque partie ».
Cui Hongjian, professeur à l'Académie de la gouvernance régionale et mondiale de l'Université des études étrangères de Beijing, a indiqué mardi au Global Times que les échanges entre la Chine et la France avaient connu une dynamique positive et constructive, offrant un modèle et une expérience précieuse pour les autres pays européens.
« L'impact [de ces échanges] dépasse le cadre bilatéral et immédiat et devrait exercer une influence positive sur les relations que la Chine entretient avec les nations européennes », a ajouté M. Zhou.
Le Dialogue économique et financier de haut niveau Chine-France constitue l'un des mécanismes les plus efficaces pour approfondir la coopération bilatérale dans les domaines du commerce, de l'investissement et de la finance, selon des analystes.
D'après M. Cui, la modernisation et l'ouverture de haut niveau que la Chine entreprendra durant le 15e Plan quinquennal (2026-2030) pourraient apporter des retombées importantes aux entreprises françaises.
« Dans les secteurs traditionnellement performants comme le nucléaire, l'aéronautique et l'aérospatiale, les deux pays peuvent tirer parti du contexte actuel pour favoriser la transformation et la modernisation industrielles. Par ailleurs, dans des domaines émergents tels que les batteries, les véhicules électriques, l'intelligence artificielle (IA) et l'économie numérique, la Chine et la France partagent déjà un solide consensus, offrant un potentiel de coopération considérable », a-t-il ajouté.
M. Zhou a mis en lumière des secteurs prometteurs pour un renforcement de la collaboration, avec notamment l'agriculture et les véhicules à énergies nouvelles (VEN), où les deux pays présentent de fortes complémentarités et des intérêts communs.
« La coopération économique et commerciale sino-française dans divers domaines a porté ses fruits, jouant pleinement son rôle de pilier et de moteur dans les relations bilatérales », selon le ministère chinois du Commerce. De janvier à octobre de l'année dernière, les échanges bilatéraux ont atteint 68,8 milliards de dollars, en hausse de 4,1 % par rapport à la même période de l'année précédente. Les investissements réciproques ont eux progressé de manière constante, dépassant les 27 milliards de dollars.