NETWORK DES SCIENCES SOCIALES DE CHINE
Politique
ACCUEIL>NOUVELLES>CHINE>Politique
La recherche théorique est le pilier de la modernisation chinoise durant le 15e plan quinquennal
Source : Chinese Social Sciences Today 2026-04-30

Suite à la publication et à la mise en œuvre du programme du 15e Plan quinquennal (2026-2030), la Chine est entrée dans une phase cruciale, marquée par un effort soutenu visant à consolider les fondations de la modernisation socialiste et à en accélérer la réalisation. Cette nouvelle phase ouvre des perspectives majeures à la recherche en philosophie et en sciences sociales, tout en imposant des exigences accrues aux chercheurs, appelés à répondre à une série de questions cruciales que soulève l’avancée de la modernisation chinoise. Pour éclairer ces enjeux, CSST a recueilli les analyses de plusieurs spécialistes de premier plan, qui reviennent sur les progrès accomplis au cours des cinq dernières années et examinent les priorités du 15e Plan quinquennal, ainsi que le rôle que les sciences sociales sont appelées à y jouer.

Ouvrir de nouveaux horizons pour la recherche

Lin Jianhua, secrétaire du Comité du Parti à l’Institut de recherche sur la modernisation chinoise relevant de l’Académie des Sciences sociales de Chine (ASSC), souligne que l’approfondissement de la recherche théorique sur la modernisation chinoise est indissociable de la pratique vivante et du parcours extraordinaire de la promotion globale de celle-ci. Au cours des cinq dernières années, le monde académique s’est attaché à produire de manière continue des avancées théoriques originales, constituant un socle intellectuel robuste et un appui conceptuel décisif pour accompagner la transformation de la structure économique, répondre aux défis du développement social et façonner une nouvelle forme de civilisation humaine.

Zhang Guanzi, directeur de l’Institut de recherche sur la modernisation chinoise relevant de l’ASSC, souligne qu’à mesure que la Chine entre dans une nouvelle phase de développement, la construction d’un cadre théorique de modernisation adapté aux réalités nationales, ainsi que de dispositifs d’action concrets, s’impose comme une priorité urgente. Depuis sa création, cet Institut de recherche a mené un travail systématique de synthèse sur la modernisation chinoise, en examinant notamment sa trajectoire historique, les comparaisons internationales des voies de développement, les expériences pratiques et les recommandations politique. Il a ainsi publié une série d’ouvrages de référence, parmi lesquels le Rapport sur le développement de la modernisation chinoise et le Rapport sur le développement de la modernisation dans le monde, s’affirmant comme un acteur central de la recherche dans ce domaine.

Tian Pengying, directeur de l’Institut de recherche sur la modernisation chinoise de l’Université du Nord-Est, a déclaré que la Chine met progressivement en place un dispositif de recherche à plusieurs niveaux et doté d’une forte vision stratégique, consacré à la modernisation à la chinoise. Adossé à des plateformes de recherche de haut niveau et étroitement ancré dans les réalités nationales, ce dispositif offre un cadre théorique solide pour accompagner la mise en œuvre de cette modernisation. Il entend également répondre aux défis auxquels l’humanité est confrontée dans un contexte de mutations profondes à l’échelle mondiale, en apportant une contribution académique à la promotion d’une trajectoire partagée par tous les pays vers la modernisation.

Ancré dans la pratique

Les chercheurs soulignent que, durant la période du 15e Plan quinquennal, ils entendent affiner leur capacité d’analyse afin de mieux saisir les enseignements tirés des pratiques de la modernisation à la chinoise. En s’appuyant sur des enquêtes de terrain approfondies, l’enjeu sera de transformer les expériences concrètes issues des échelons locaux en des solutions reproductibles et généralisables. Wang Yonggui, professeur à la Faculté de marxisme de l’Université normale de Nanjing, estime que l’étude théorique de régions telles que Beijing-Tianjin-Hebei, le Jiangsu et le Zhejiang, permet de dégager de manière systématique les caractéristiques évolutives des des expériences de modernisation réussies au niveau provincial pour la nouvelle ère, d’explorer de manière prospective des modèles différenciés de modernisation, afin de mettre en lumière la relation dialectique entre la conception stratégique au niveau central et les initiatives locales dans le processus de la modernisation chinoise.

Wang Heng, vice-doyen de la Faculté des Études marxistes de l’Université Renmin de Chine, estime que les avancées théoriques originales issues des recherches actuelles sur la modernisation chinoise ont non seulement consolidé les fondements intellectuels nécessaires à la poursuite de la construction d’un pays puissant et au renouveau national, mais ont également enrichi les conceptions théoriques en matière de modernisation à l’échelle mondiale.

L’analyse et la mise en perspective de la trajectoire historique de la modernisation entreprise par le peuple chinois sous la direction du Parti communiste chinois constituent également un axe de recherche majeur pour les experts et chercheurs. Wang Weiguo, doyen exécutif de la Faculté de marxisme de l’Université de l’Académie des Sciences sociales de Chine, explique que le monde académique appréhende le paradigme chinois de la modernisation à travers la continuité historique qui relie les phases de la révolution, de la construction nationale et de la réforme. Cette approche permet de mettre en évidence, de manière approfondie, les liens intrinsèques entre les avantages institutionnels du socialisme à la chinoise et la trajectoire de la modernisation empruntée par la Chine.

Ces dernières années, le monde académique a accordé une attention croissante à la diffusion internationale du modèle de modernisation chinoise, en mobilisant des plateformes telles que les colloques scientifiques internationaux et les revues académiques, afin d’en expliciter les fondements et d’en favoriser l’inscription dans le discours académique mondial. Wang Wen, doyen de l’Institut Chongyang des Études financières de l’Université Renmin de Chine, souligne que la modernisation chinoise a battu en brèche l’idée selon laquelle « modernisation rime avec occidentalisation ». En privilégiant une approche centrée sur le peuple plutôt que sur le capital, et en promouvant un développement pacifique à rebours des logiques d’expansion et de prédation, la modernisation chinoise offre aux pays en développement une nouvelle option pour concilier indépendance et croissance rapide. Par ailleurs, à travers des initiatives telles que la construction conjointe de la Ceinture et la Route et la promotion d’une communauté de destin pour l’humanité, elle contribue à faire évoluer les paradigmes de la modernisation à l’échelle mondiale, d’un modèle unique vers une coexistence pluraliste.

Nouveaux points de croissance théorique

Au cours de la période du 15e Plan quinquennal, l’environnement dans lequel s’inscrit le développement de la Chine devrait connaître des mutations profondes et complexes, appelant la communauté académique à endosser plus consciemment encore la mission historique d’approfondir la recherche théorique et de contribuer à l’avancement de la modernisation chinoise. Lin Jianhua suggère qu’au cours de cette phase, les travaux de recherche devront se concentrer sur la position historique du développement économique et social du pays, sur ses objectifs prioritaires, ainsi que sur les missions et les orientations stratégiques à déployer dans divers domaines.

Yan Wenbo, professeur à la Faculté de marxisme de l’Université normale du Jiangxi, identifie trois grands axes de recherche dans le futur. Premièrement, il souligne la nécessité de renforcer les travaux empiriques dans des domaines stratégiques, en développant des recherches interdisciplinaires autour de questions centrales telles que les forces productives de nouvelle qualité, la prospérité commune et la gouvernance nationale. Deuxièmement, il appelle à approfondir la recherche théorique sur les formes culturelles afin de favoriser l’émergence d’expressions culturelles à la fois ancrées dans leur époque et porteuses de caractéristiques chinoises. Enfin, il préconise d’élargir les perspectives de comparaison entre civilisations afin de mettre en évidence, à travers un dialogue intercivilisationnel, la portée universelle de la modernisation chinoise.

Edité par:Zhao Xin
  • Copyright © CSSN All Rights Reserved
  • Copyright © 2023 CSSN All Rights Reserved