Chine : symposium commémorant le centenaire du Mouvement travail-études en France
2019-04-02 08:35:00
Xinhuanet

L'ancien siège du centre du Mouvement travail-études en France à Beijing.(Photo/Dai Ying)

Le 17 mars 1919, quatre-vingt neuf étudiants chinois sont partis du port de Shanghai pour l'Hexagone, marquant le début du Mouvement travail-études en France. Cent ans après, au coeur de Beijing, un symposium a été organisé le vendredi 29 mars pour rendre hommage à ces pionniers qui se sont lancés après leurs études dans la sauvegarde de leur nation en danger.

Entre 1919 et 1920, une vingtaine de groupes de jeunes Chinois, dont le total a dépassé 1.600, sont partis en France et ont participé au Mouvement travail-études initié par Cai Yuanpei et Li Shizeng, deux pédagogues de l'époque.

Parmi ces élèves figuraient les anciens dirigeants chinois Zhou Enlai, Deng Xiaoping, Chen Yi et Nie Rongzhen, les grands peintres Xu Beihong et Lin Fengmian, et le célèbre scientifique Qian Sanqiang. Ils ont eu une influence profonde et durable sur la Révolution chinoise et sur le développement du pays.

Le symposium a eu lieu dans les murs de l'Association des universitaires de retour de l'Occident (Western returned scholars Association, WRSA), qui avait hébergé également à l'époque le siège du Mouvement travail-études en France, à côté de la Cité interdite.

Ce mouvement a permis à ces jeunes chinois, notamment ceux qui étaient issus de familles défavorisées, d'adopter une vision croisée sino-occidentale et internationale, a souligné Chen Zhu, directeur de la WRSA. "Ils ont noué leur destin personnel au destin national, et se sont dévoués dans la grande cause de la sauvegarde de la patrie, en créant des entreprises industrielles, développant l'éducation, et les sciences et technologies, après leur retour en Chine", a-t-il rappelé.

M. Chen, également vice-président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (organe législatif national), a fait ses études en France dans les années 1980. Pour lui, le mouvement s'inscrit comme un chapitre incontournable dans l'amitié sino-française. L'histoire n'est pas interrompue, a-t-il constaté.

Malgré un changement profond de la situation internationale, les relations entre la Chine et la France ont résisté à l'épreuve du temps et se développent de manière stable et saine.

Le président chinois Xi Jinping a effectué, lors de sa tournée dans trois pays européens du 21 au 26 mars, une visite d'Etat en France. Il s'agissait de sa deuxième visite en France depuis sa prise en fonction comme président chinois, au cours de laquelle il a visité une exposition de photos commémorant le 55e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-françaises et le centenaire du Mouvement travail-études en France.

Il faut toujours garder dans son coeur l'aide des amis français, qui ont transféré de nombreuses technologies avancées, dont la technologie nucléaire civile et la ligne d'assemblage d'A320 d'Airbus, à la Chine lors de l'ouverture du pays, a déclaré M. Chen.

Duanmu Mei, présidente d'honneur de la Société chinoise des études de l'histoire de la France (relevant de l'Académie des Sciences sociales de Chine), a soulevé, lors du symposium, une question : pourquoi envoyer les jeunes chinois en France il y a cent ans, l'Europe souffrant encore des conséquences de la Première Guerre mondiale, et a apporté ses propres observations.

A ses yeux, Cai Yuanpei et Li Shizeng avaient une grande vision de la France, qui était le centre de la culture européenne de l'époque et avait donné naissance au Siècle des Lumières. La France est le pays de Jean-Jacques Rousseau et de Montestquieu, a-t-elle indiqué.

Les empreintes de ces jeunes chinois participant au mouvement ont été le point de départ du rêve des jeunes chinois en quête du renouveau de leur nation, a constaté Mme Duanmu, notant que les jeunes d'aujourd'hui se trouvaient de nouveau à un grand moment du renouveau de la nation chinoise. Elle a appelé les Chinois qui étudient à l'étranger à hériter le patriotisme et l'esprit de dur labeur de ces pionniers et à remplir leur mission historique.

Jean-Yves Coquelin, conseiller adjoint de coopération et d'action culturelle de l'Ambassade de France en Chine, a déclaré à l'occasion que l'ambassade allait mieux contribuer à la découverte de l'histoire du mouvement.

Il a annoncé que chaque année, 10.000 nouveaux étudiants chinois choisissaient la France, troisième pays d'accueil des élèves internationaux, pour poursuivre leurs études, tandis que le nombre permanent des étudiants chinois en France était d'environ 40 000.

M. Coquelin a ajouté que la France devrait lancer un programme "cent ans d'études en France" pour renforcer les relations bilatérales.

Christine Cayol, fondatrice de l'organisation Yishu 8, situé dans l'ancienne Université sino-française de Beijing, a proposé au symposium de se concentrer sur la perspective des échanges franco-chinois. Le 21e siècle incarne un siècle d'apprentissage réciproque, a-t-elle constaté, appelant les jeunes français à étudier en Chine et les jeunes chinois en France.

Le symposium a été présidé par Ma Songde, directeur adjoint de la WRSA et ancien vice-ministre des Sciences et des Technologies. Une dizaine d'anciens élèves chinois en France, dont des scientifiques, des académiciens et des entrepreneurs ont aussi partagé leurs opinions sur le mouvement, ainsi que sur l'avenir du développement des échanges entre les jeunes chinois et français.

 

 

 

 

 

 

 

Edité par  Zhao Xin